Web télé associative, participative, d’éducation populaire

Accueil > Patrimoine > La construction en torchis

La construction en torchis

- mardi 8 juillet 2014, par Gilles Dréanic

Durant quatre ans, les bénévoles du musée du paysan gascon à Toujouse (Gers) ont démonté puis reconstruit dans son emplacement actuel une maison de brassier (journalier), qui sert de lieu d’accueil aujourd’hui. Cette construction traditionnelle a été faite en torchis.

Le torchis est depuis le Néolithique un matériau de construction pour les habitations en Europe. Les Celtes l’ont beaucoup utilisé pour construire leurs murs. Il est typique des régions dont la terre argileuse (qui fissure et colle facilement) doit être renforcée par de la paille. Cette technique s’est beaucoup développée du XIVe au XVI siècle et a perduré jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, le torchis sert surtout pour des rénovations dans le monde occidental, mais il reste très répandu dans nombre de pays du Sud.

Les avantages du matériau le font redécouvrir : isolation thermique et phonique, coût modique, auto construction, origine locale et à très faible impact sur l’environnement. C’est un exemple de développement durable car il utilise un matériau sain, local et ne laisse aucun déchet en fin de vie.
Le remplissage des ossatures bois en comblement et enduit se réalisait en groupe d’habitants, voisins et autres connaissances car il nécessitait une importante activité physique et manuelle. Cela réduisait le temps de construction et permettait un échange social accru entre les habitants et amis.
Le torchis peut se préparer par foulage humain ou animal. La terre humide est placée au sol, les fibres végétales, (paille, foin…) sont déposées dessus et incorporées par foulage. Pour les petites quantités, par exemple pour des réparations, le mélange peut se faire à la main dans une brouette. Le mortier et l’enduit de torchis sur clayonnages favorisent l’application manuelle.
Des éclisses, morceaux de bois de 3 ou 4 cm de diamètre et légèrement plus long que la distance entre deux poteaux, sont coincées entre les poteaux.

Plusieurs techniques coexistent, en préparant l’agrégat en boules ou en mèches.
Pour préparer une mèche, méthode utilisée dans le Sud-ouest, on étend du foin ou de la paille sur un plan de travail et on y incorpore la terre pour former un boudin.
La pose est faite par deux opérateurs qui se font face à travers la cloison. Le boudin est déposé à califourchon sur une éclisse. Les constructeurs se passent les brins du boudin pour les tresser vers le bas sur plusieurs niveaux d’éclisses. Le boudin une fois tressé est pressé vers un poteau. Un autre boudin peut alors être tressé à ses cotés.

Pour la finition, les surfaces sont lissées et les trous sont comblés avec de la terre. La terre se rétractant au séchage, il faut la resserrer pour combler les fissures au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Un enduit peut aussi améliorer ce colmatage.

Aujourd’hui, l’application du torchis est rentabilisée, tant pour les mortiers que pour les enduits, par la mécanisation de sa préparation et de sa pose. Directement sur site ou en usine, à partir de terres crues argileuses et de fibres végétales, les bétonnières et projeteuses remplacent les regroupements de villageois.

Vos commentaires

modération a priori

Attention, pour éviter les spams les messages sont relus avant publication par le webmestre.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

AGENDA autogéré participatif

Un agenda autogéré des initiatives sociales et culturelles du Gers et alentours alimenté par vous pour toutes et tous..
Suite...

PARLEM TV ?

Contrer le coronavirus

Des informations sur le virus, sur ce qui se passe autour. Vivre, faire ses courses, se nourrir, se soigner... ? Que faire pour (se) protéger ? Le confinement prolongé pour l’instant jusqu’au 15 avril... Comment s’occuper ? Des conseils, des astuces... Un article qui se complètera au fil du (...)
Suite...

Sélection du jour

Moi et les autres

Deux personnes (un homme et une femme ?) arpentent une petite ville pour faire un achat. Ils sont confrontés aux regards des autres. Un film sur le genre réalisé par l’atelier Passeurs d’Images 2019 à Nogaro. Court-métrage de fiction.
Suite...

Actualités :

  • Lekukoa, le relais paysan

    En raison de la pandémie de Covid-19, la plupart des marchés sont interdits. Face à cette crise, l’association des Producteurs Fermiers du Pays Basque, l’association Biharko Lurraren Elkartea, Euskal (...)
    Suite...
  • La Ruche, les arts au collège

    Le collège Val d’Adour de Riscle organisait le tout premier vernissage de son nouveau projet culturel "La Ruche, le jeudi 5 mars 2020.
    Suite...
  • Traverser le désert

    En 2006, le Maroc organise la chasse aux migrants. Les voyageurs sont refoulés dans des conditions indignes. Marqué à jamais par cet événement, Roméo Ntamag a fait du soutien aux migrants en transit (...)
    Suite...
  • Les Amis du Castet à Sainte-Christie-d’Armagnac

    Le Castet (château) de Sainte Christie d’Armagnac domine le village. C’est un site exceptionnel. En juillet 2014, l’association des « Amis du Castet » se créait. Que de chemins parcourus depuis... Un (...)
    Suite...
  • L’hôpital public ? Parlem TV en direct

    L’émission citoyenne en direct sur Parlem TV : lundi 2 mars à 19h... Elle est visible ici avec son générique. Où en est l’hôpital public d’Auch ? A propos de santé, de sécu et de service (...)
    Suite...

Communiqués :

| | | SPIP